À quoi sert un rapport au comité des risques, pourquoi l’exposé du CRO au conseil doit être écrit pour être questionné plutôt qu’approuvé, comment la dissension professionnelle se livre de l’autre côté de la table, et pourquoi la relation avec le régulateur est une discipline permanente plutôt qu’un événement.
En bref
- Un rapport au comité des risques existe pour que les administrateurs sachent quel risque l’institution porte réellement et l’éprouvent contre la limite qu’ils ont arrêtée. La plupart sont écrits pour être approuvés ; celui du CRO est écrit pour être questionné.
- L’exposé est un instrument différent du dossier : le dossier porte la preuve, l’exposé porte le jugement — ce que le CRO voudrait qu’un administrateur retienne s’il ne retenait qu’une chose.
- La dissension professionnelle est ce que le comité est en droit d’attendre du siège. Elle se livre comme un désaccord énoncé avec la direction, dans le dossier et de l’autre côté de la table, sans drame et sans excuse.
- La relation avec le régulateur est une discipline permanente, pas un événement. Un superviseur qui apprend un problème par le CRO avant de l’apprendre par les chiffres traite l’institution autrement, et cette confiance se construit entre les revues plutôt que pendant.
- Les deux salles sont informées à leur altitude et dans leur langue : les administrateurs ont besoin de l’exposition et du jugement, les superviseurs de la preuve et de la trace. La même vérité, dite à chacun comme il peut s’en servir.
Sur cette page
Ce que le comité attend du siège#
Un rapport au comité des risques existe pour que les administrateurs sachent quel risque l’institution porte réellement et puissent l’éprouver contre la limite qu’ils ont arrêtée. C’est tout son objet, et il vaut la peine de le dire clairement, car la plupart des rapports de risque en servent un autre : ils existent pour être approuvés. Le rapport du chief risk officer est écrit pour être questionné, et l’exposé du CRO qui l’accompagne est construit pour rendre les questions faciles à poser.
Le côté administrateurs de cette table — les questions auxquelles un conseil devrait savoir répondre sur le risque — fait l’objet d’un texte distinct ; celui-ci est le côté du CRO.
Le dossier#
Le dossier porte la preuve. Il énonce l’exposition contre la limite, dans les mesures arrêtées par le conseil, et il fait trois choses qu’un rapport écrit pour être approuvé ne fait jamais : il dit où l’exposition évolue et pourquoi, il nomme les hypothèses sur lesquelles reposent les chiffres et celles auxquelles le CRO se fie le moins, et il consigne là où le siège est en désaccord avec la direction. Un dossier que la première ligne aurait pu écrire n’est pas un dossier de seconde ligne, quelle que soit l’exactitude de ses chiffres.
L’exposé#
L’exposé est un instrument différent. Le dossier porte la preuve ; l’exposé porte le jugement. C’est ce que le CRO voudrait qu’un administrateur retienne s’il ne retenait qu’une chose. Il se donne à l’altitude du comité, dans sa langue, et il laisse la technique dans le dossier, où l’administrateur qui la veut peut la trouver.
- Ouvrir sur le jugement : où l’institution se situe par rapport à sa limite, et si le CRO est à l’aise.
- Nommer ce qui a changé depuis la dernière réunion, et ce que le siège a fait.
- Dire quel chiffre du dossier mérite le moins de confiance, avant qu’un administrateur ne le demande.
- Énoncer le désaccord avec la direction, s’il existe, comme un désaccord — pas comme une nuance.
- S’arrêter. Un exposé qui remplit son créneau y a caché son propos.
La dissension professionnelle#
Le comité est en droit d’entendre la dissension venue du siège, et le CRO qui n’en fournit jamais a soit une institution parfaite, soit une fonction muette. La dissension professionnelle se livre comme un désaccord énoncé avec la direction — dans le dossier, pour qu’il soit consigné, et de l’autre côté de la table, pour qu’il soit entendu — sans drame et sans excuse. Le directeur général sait qu’elle vient, parce que le CRO le lui a dit d’abord ; le comité entend deux points de vue et fait son propre travail. C’est cette séquence qui maintient la dissension professionnelle plutôt que politique.
Le dossier porte la preuve ; l’exposé porte le jugement.
Le régulateur comme discipline permanente#
La relation avec le régulateur est la seconde salle, et l’erreur de la plupart des institutions est de la traiter comme un événement — la revue, la lettre, la réunion — plutôt que comme une discipline permanente. Un superviseur qui apprend un problème par le CRO avant de l’apprendre par les chiffres traite l’institution autrement, et cette confiance se construit entre les revues plutôt que pendant. Le siège en est propriétaire : le contact régulier, la franchise sur ce que les modèles ne peuvent savoir, le mot précoce quand quelque chose bouge.
Le superviseur est informé à une altitude différente de celle du comité. Les administrateurs ont besoin de l’exposition et du jugement ; les superviseurs de la preuve et de la trace — la déduction, l’hypothèse, la date, la décision. La même vérité, dite à chacun comme il peut s’en servir, voilà le métier. Un CRO qui dit au comité ce dont le régulateur a besoin, ou au régulateur ce dont le comité a besoin, s’est trompé de salle.
Là où cela se perd#
Les défaillances sont familières. Le dossier est écrit pour être approuvé et le comité l’approuve. L’exposé répète le dossier et le jugement n’arrive jamais. La dissension est adoucie en nuance et le comité n’entend qu’un point de vue. Le régulateur apprend le problème par les chiffres, et chaque conversation suivante part de la méfiance. Chacune est une défaillance du siège plutôt que de la fonction, et chacune est visible à l’avance pour un CRO qui lit son propre dossier comme le ferait un administrateur.
Que faire avant la prochaine réunion#
Relisez le dernier dossier comme le ferait un administrateur et marquez là où la première ligne aurait pu l’écrire. Écrivez la phrase unique que l’exposé devrait laisser derrière lui. Décidez, avant la réunion, s’il existe un désaccord avec la direction et comment il sera énoncé. Et demandez-vous quand le superviseur a entendu pour la dernière fois quelque chose du siège avant de l’entendre par les chiffres. Ce sont les salles que Le mandat du CRO est construit pour travailler, avec des praticiens qui y ont siégé.
Questions fréquentes
Que doit contenir un rapport au comité des risques ?
L’exposition énoncée contre la limite arrêtée par le conseil, dans les mesures qu’il a arrêtées ; où l’exposition évolue et pourquoi ; les hypothèses sur lesquelles reposent les chiffres et celles auxquelles le CRO se fie le moins ; et tout désaccord entre le siège et la direction, énoncé comme tel. Un rapport que la première ligne aurait pu écrire n’est pas un rapport de seconde ligne.
Comment un CRO doit-il présenter au conseil ?
Ouvrir sur le jugement plutôt que sur les données : où l’institution se situe par rapport à sa limite et si le CRO est à l’aise. Nommer ce qui a changé, dire quel chiffre mérite le moins de confiance avant qu’on le demande, énoncer clairement tout désaccord avec la direction, et s’arrêter. Le dossier porte la preuve ; l’exposé porte ce qu’un administrateur doit retenir.
Comment un CRO exprime-t-il son désaccord avec le DG devant le conseil ?
Comme un désaccord énoncé, dans le dossier et de l’autre côté de la table, sans drame et sans excuse — et jamais comme une surprise. Le directeur général l’entend d’abord du CRO, le comité entend les deux points de vue et fait son propre travail. C’est cette séquence qui maintient la dissension professionnelle plutôt que politique, et c’est ce que le comité est en droit d’attendre du siège.
Comment un CRO doit-il gérer la relation avec le régulateur ?
Comme une discipline permanente plutôt qu’un événement. Un contact régulier entre les revues, la franchise sur ce que les modèles ne peuvent savoir, et un mot précoce quand quelque chose bouge — pour que le superviseur apprenne un problème par le CRO avant de l’apprendre par les chiffres. Les superviseurs sont informés à leur altitude : la preuve et la trace, plutôt que le jugement dont un conseil a besoin.
Le programme derrière cet article
Travaillez ces sujets avec les praticiens qui les ont écrits.
Le mandat du CRO : diriger la fonction risques
L’art du chief risk officer — l’indépendance avec influence, un appétit au risque réellement utilisé, et les moments où le CRO doit tenir seul.
Voir le programme →La surveillance des risques au niveau du conseil : les questions que les administrateurs doivent poser
La surveillance des risques pour non-spécialistes — appétence, modèles, culture et crise — enseignée comme les questions qui révèlent ce que les rapports dissimulent.
Voir le programme →Présence exécutive & communication en conseil
Comment les dirigeants gagnent la salle — présenter au conseil, répondre aux questions hostiles et se voir confier les mauvaises nouvelles.
Voir le programme →