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IFRS 18 expliquée : le nouveau compte de résultat, les MPM et ce qu’il faut faire avant 2027

L’équipe Advisory BIZENIUS · Dernière mise à jour: 18 octobre 2026

Rédigé et relu par la pratique advisory de BIZENIUS — des praticiens seniors issus du risque, de la trésorerie, de la finance et de la supervision.

Un guide pratique d’IFRS 18 Présentation et informations à fournir dans les états financiers — les cinq catégories, les nouveaux sous-totaux, les mesures de performance définies par la direction, les conséquences sur les flux de trésorerie et l’information intermédiaire, et un plan de mise en œuvre pour l’exercice comparatif 2026.

En bref

  • IFRS 18 remplace IAS 1 pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027. Elle s’applique rétrospectivement : pour une clôture au 31 décembre, 2026 est déjà l’exercice comparatif.
  • Chaque produit et chaque charge est classé en exploitation, investissement, financement, impôt sur le résultat ou activités abandonnées, et le résultat d’exploitation devient un sous-total obligatoire.
  • Les mesures ajustées que la direction publie hors des comptes, comme l’EBITDA ajusté ou le résultat sous-jacent, y entrent sous forme de mesures de performance définies par la direction : définies, rapprochées et auditées.
  • Le résultat net ne change pas. C’est le chemin pour y arriver qui change, et chaque lecteur comparera le nouveau chemin à l’ancien.
Sur cette page
  1. Les cinq catégories
  2. Le jugement qui vient en premier : les activités principales
  3. Les mesures de performance définies par la direction
  4. Agrégation, intitulés et charges par nature
  5. Les modifications corrélatives
  6. Là où la mise en œuvre dérape
  7. Un plan de mise en œuvre pour l’exercice comparatif

Pendant deux décennies, IAS 1 a dit aux entreprises ce que devait contenir un compte de résultat en leur laissant une large liberté pour l’organiser. Le résultat est familier à tout analyste : deux sociétés du même secteur, toutes deux sous IFRS, avec un résultat d’exploitation défini de deux façons différentes et un résultat ajusté dans le communiqué de presse qui n’apparaît nulle part dans les comptes.

IFRS 18 Présentation et informations à fournir dans les états financiers, publiée par l’IASB en avril 2024, met fin à cette liberté. Elle remplace IAS 1 pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027, avec application anticipée permise, et s’applique de façon rétrospective. Ce guide explique ce qui change, où se situe réellement le travail, et ce qu’une organisation devrait faire tant que l’exercice comparatif est encore ouvert.

Les cinq catégories#

Chaque produit et chaque charge de l’état du résultat est classé dans l’une de cinq catégories :

  • Exploitation — la catégorie résiduelle : tout ce qui n’est pas classé ailleurs, c’est-à-dire pour la plupart des entreprises le résultat de leurs activités principales.
  • Investissement — pour la plupart des entités, les produits et charges des participations dans des entreprises associées et coentreprises, de la trésorerie et des équivalents de trésorerie, et des actifs qui génèrent un rendement de façon individuelle et largement indépendante des autres ressources.
  • Financement — les produits et charges des passifs qui servent uniquement à lever des fonds, comme les emprunts, et les intérêts sur d’autres passifs, comme la désactualisation.
  • Impôt sur le résultat.
  • Activités abandonnées.

Deux sous-totaux découlent des catégories. Le résultat d’exploitation est obligatoire pour toutes les entités. Le résultat avant financement et impôts l’est pour la plupart ; une entité dont le financement de la clientèle est une activité principale et qui fait un choix de méthode comptable particulier ne le présente pas.

Le jugement qui vient en premier : les activités principales#

Les catégories ne s’appliquent pas de la même façon à toutes les entreprises. Une entité dont l’investissement dans certains types d’actifs, ou le financement de la clientèle, est une activité principale classe les produits et charges correspondants en exploitation plutôt qu’en investissement ou en financement. Les rendements des placements d’un assureur, les produits financiers d’un bailleur et la marge d’intérêt d’une banque restent donc dans le résultat d’exploitation.

Cette évaluation relève des faits, est menée au niveau de l’entité présentant les états financiers, et c’est la décision qui déplace les montants les plus importants. Les groupes qui combinent une activité industrielle avec une filiale de financement captive, un centre de trésorerie ou un portefeuille de placements en ont la version la plus difficile, car la réponse peut différer entre le groupe et ses filiales.

Les mesures de performance définies par la direction#

Le changement le plus visible pour les investisseurs concerne les mesures ajustées. Une mesure de performance définie par la direction, ou MPM, est un sous-total de produits et de charges qu’une entité utilise dans sa communication publique hors des états financiers pour exprimer la vision de la direction sur un aspect de sa performance financière, et que les IFRS ne définissent pas.

L’EBITDA ajusté, le résultat sous-jacent et le résultat avant éléments exceptionnels en sont des exemples typiques. Quelques sous-totaux courants, dont la marge brute, sont définis par IFRS 18 elle-même et ne sont pas des MPM ; les ratios ne sont pas des MPM en tant que tels.

Chaque MPM est présentée dans une note unique : ce qu’elle est et pourquoi la direction la juge utile, son mode de calcul, un rapprochement avec le sous-total ou le total défini par les IFRS le plus directement comparable, l’effet d’impôt et d’intérêts minoritaires de chaque élément de rapprochement, et tout changement de définition. La note figure dans les états financiers audités.

Un chiffre autrefois expliqué dans un communiqué doit désormais être défendu dans les comptes audités.

Agrégation, intitulés et charges par nature#

IFRS 18 fixe aussi des principes de regroupement : agréger selon des caractéristiques communes, ventiler selon des caractéristiques différentes, dans les états primaires comme dans les notes. Les postes « autres » ne sont admis que lorsqu’aucun intitulé plus informatif n’est possible, et l’entité doit en indiquer le contenu. Une entité qui présente ses charges d’exploitation par fonction doit fournir, dans une note unique, certaines charges par nature : amortissements, avantages du personnel, pertes de valeur et dépréciations de stocks.

Les modifications corrélatives#

Trois autres normes évoluent avec IFRS 18. Selon IAS 7, la méthode indirecte du tableau des flux de trésorerie part du résultat d’exploitation, et la plupart des entités perdent le choix du classement des intérêts et dividendes.

Selon IAS 33, les montants par action supplémentaires sont limités aux totaux et sous-totaux définis par les IFRS ou présentés comme MPM. Selon IAS 34, les rapports intermédiaires reprennent la nouvelle structure et l’information sur les MPM dès la première période intermédiaire de l’exercice d’adoption.

Là où la mise en œuvre dérape#

  • Traiter le sujet comme un exercice de présentation de fin d’année. La norme étant rétrospective, l’exercice comparatif doit être saisi dans les nouvelles catégories, et pour beaucoup d’organisations cet exercice est déjà bien avancé.
  • Repousser l’évaluation des activités principales. Elle décide où se placent les montants les plus importants et conditionne tous les choix de conception en aval.
  • Chercher les MPM dans les comptes plutôt que dans la communication. L’inventaire commence par les présentations investisseurs, les communiqués, les dossiers du conseil et les dispositifs de rémunération.
  • Construire la nouvelle structure dans un classeur à côté du grand livre. Une transition qui dépend de reclassements manuels devient une seconde comptabilité, avec le risque de contrôle qui l’accompagne.
  • Oublier les contrats. Les covenants bancaires, les plans de rémunération variable et les prévisions qui renvoient à un ancien sous-total doivent être recalés avant la publication des premiers chiffres IFRS 18.

Un plan de mise en œuvre pour l’exercice comparatif#

  1. Évaluer — reclasser le compte de résultat actuel ligne par ligne dans les cinq catégories, estimer les nouveaux sous-totaux et lister les jugements ouverts.
  2. Trancher — arrêter l’évaluation des activités principales, les méthodes de classement et l’inventaire des MPM avec la direction financière, et documenter le raisonnement pour l’auditeur.
  3. Construire — concevoir un étiquetage du plan de comptes qui produit la nouvelle présentation, le reporting de gestion et les éventuels états réglementaires depuis un seul grand livre, puis ressaisir l’exercice comparatif et fonctionner en parallèle.
  4. Publier — rédiger la note MPM et les informations de transition, préparer le premier rapport intermédiaire, informer le comité d’audit, et recaler covenants, indicateurs de rémunération et prévisions communiquées aux investisseurs.

Le conseil BIZENIUS en mise en œuvre d’IFRS 18 accompagne ces quatre étapes avec les directions financières de tous secteurs, et la masterclass IFRS 18 pour les banques et institutions financières donne aux dirigeants financiers et aux praticiens deux jours sur les jugements, la note MPM et la transition.

Questions fréquentes

Quand IFRS 18 entre-t-elle en vigueur ?

IFRS 18 s’applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027, avec application anticipée permise. Elle s’applique rétrospectivement et l’information comparative est retraitée : pour une société clôturant en décembre, les chiffres 2026 doivent être présentés dans la structure IFRS 18 dans les états financiers 2027.

Quelle est la différence entre IFRS 18 et IAS 1 ?

IAS 1 fixait le contenu minimal des états financiers mais laissait largement à chaque société la structure du compte de résultat. IFRS 18 introduit cinq catégories définies, des sous-totaux obligatoires comme le résultat d’exploitation, une information auditée sur les mesures de performance définies par la direction, et des règles renforcées d’agrégation et de ventilation. Une grande partie d’IAS 1 sur le bilan, les capitaux propres et les principes généraux est reprise.

IFRS 18 modifie-t-elle le résultat net ?

Non. IFRS 18 modifie la présentation et les informations à fournir, non la comptabilisation ni l’évaluation : le résultat net et le résultat global total sont inchangés. Le résultat d’exploitation, les sous-totaux intermédiaires et l’information sur les mesures ajustées peuvent en revanche évoluer sensiblement.

L’EBITDA est-il une mesure de performance définie par la direction selon IFRS 18 ?

Cela dépend de sa définition. Un sous-total qu’IFRS 18 définit elle-même, comme le résultat d’exploitation avant amortissements et certaines dépréciations, n’est pas une MPM. Un EBITDA ajusté qui exclut d’autres éléments choisis par la direction et qui est utilisé dans la communication publique en est généralement une, et doit alors être présenté et rapproché dans la note MPM.

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